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Votre proche vous répète peut-être sans cesse qu’il veut rentrer chez lui. Cela peut-être frustrant et déroutant pour vous, surtout s’il est déjà chez lui ou s’il vient d’intégrer un EHPAD.
Le risque ? Que votre proche déprime et perde en autonomie mais aussi, le risque qu’il sorte et se perde dans la ville.
Vous avez peut-être déjà tenté de lui expliquer qu’il est déjà chez lui, ou qu’il ne peut pas retourner dans son précédent logement. Mais avec un proche atteint d’une maladie d’Alzheimer (ou d’une autre forme de démence), les explications logiques ne sont pas comprises ou rassurantes.
Comme je vous l’expliquais dans cet article, quand une personne atteinte de troubles cognitifs pose une question de façon répétitive, c’est souvent qu’elle a besoin d’être rassurée.
Mais avant de lui répondre, il faut avant tout comprendre pourquoi elle est inquiète et pourquoi elle veut rentrer chez elle.
Pourquoi une personne atteinte d’Alzheimer demande-t-elle à rentrer chez elle ?
La maladie d’Alzheimer (et maladies apparentées) endommage le cerveau et amène une personne à vivre le monde de différentes manières.
Ainsi, ce que nous entendons par « je veux rentrer chez moi » est souvent une demande de confort plutôt qu’une demande littérale d’aller quelque part.
Ainsi, plusieurs raisons peuvent l’amener à vous poser cette question :
- votre proche est angoissé, car il lui manque un objet auquel il tient.
- il est perturbé par la perte d’un repère ou d’une habitude (qui peut être une habitude du passé).
- Il ressent une douleur ou un mal-être physique et ressent le besoin d’aller se lover chez lui, confortablement.
Trouver ce qui déclenche sa question vous aidera à trouver la réponse qui l’aidera vraiment.
Mais parfois, ce n’est pas évident de deviner ce qui tracasse votre proche. Vous devrez alors faire preuve de créativité et essayer différentes options pour le rassurer.
Comment réagir au moment où il pose la question ?
Il faudra du temps pour trouver ce qui contrarie votre proche et apporter une solution. Vous devrez par exemple retrouvez de vieilles photos de sa jeunesse pour les mettre dans les cadres, à la place des photos où il est âgé et ne reconnaît ni son visage ni les membres de sa famille.
Mais en attendant que vous puissiez mettre en place quelques changements bénéfiques, il va bien falloir faire quelque chose pour calmer votre proche pendant sa crise d’angoisse ou de tristesse.
Je vous donne 3 conseils pour que votre proche se calme et pense à autre chose qu’au fait de rentrer chez lui (ou ce qu’il imagine être son « chez-lui ».
Rassurez et réconfortez votre proche.
Parfois, en disant « Je veux rentrer chez moi », votre proche vous transmet à sa façon qu’il est anxieux et a besoin d’être rassuré.
En réagissant de manière calme et positive, vous l’aiderez à se poser et à être rassuré.
Asseyez-vous près de votre proche et parlez-lui avec une voix calme. S’il déambule, asseyez-vous près d’un endroit où il aime s’installer lui aussi, et parlez-lui tranquillement. Il sentira que vous n’êtes pas anxieux et cela le calmera.
Si votre proche aime le toucher, cela peut-être le bon moment pour lui faire un câlin ou lui proposer un massage des mains.
Vous pouvez également poser une couverture qu’il aime sur ses genoux et lui proposer une boisson chaude. Tout ce qui le fera se sentir bien.
Éviter les raisonnements et les explications
Je ne vous conseille pas de donner des explications logiques à un proche atteint d’une forme de démence. Cela ne fera que le contrarier. Votre proche n’a pas conscience de ses troubles. Il vous dira qu’il sait très bien qu’il n’est pas chez lui. Il pourra imaginer que vous complotez quelque chose contre lui. Car il ressent vraiment qu’il n’est pas chez lui.
N’essayez pas de leur expliquer qu’ils sont dans leur propre maison ou qu’il vit dans ce nouvel appartement ou chez vous depuis déjà plusieurs années. Votre proche est ému, il a besoin d’être écouté.
Rediriger son attention et distraire votre proche de sa source de contrariété.
Détourner son attention d’un objet de fixation est une méthode efficace pour apaiser votre proche. C’est une compétence qui s’améliore avec la pratique, alors ne vous découragez pas si les premières tentatives ne fonctionnent pas parfaitement.
- Tout d’abord, acceptez sa demande pour lui faire comprendre que vous comprenez son émotion.
Vous pouvez ainsi lui répondre : « D’accord. Nous irons avec le prochain bus qui arrive dans une heure » ou « Nous partirons dès que l’on aura fini la vaisselle. » Cela apaise la situation, car vous ne leur dites pas qu’il a tort.
- Ensuite, distrayez votre proche.
Après avoir accepté, redirigez subtilement son attention. Vous pouvez alors lui proposer de faire la vaisselle avec vous pour que vous terminiez plus vite, ou d’aller dans la cuisine chercher son gilet pour ne pas avoir froid dehors.
Sans un mot, vous pouvez le prendre par le coude et l’amener à la cuisine où vous lui proposerez une boisson chaude et une pâtisserie ensemble. Ou alors où vous regarderez les oiseaux par la fenêtre.
Il suffit de choisir une activité qu’il apprécie.
À la fin de cette activité, passez tranquillement à une autre activité qui fait partie de sa routine quotidienne. Votre proche aura oublié sa demande de rentrer chez lui, tout comme il aura oublié que vous lui aviez dit oui.
Il est possible que votre proche ne se laisse pas distraire. Vous pourrez alors être obligé de le laisser se préparer et de monter en voiture. Cependant, sur le chemin, vous aurez d’autres opportunités de détourner son attention du but initial de ce trajet. Vous pourrez par exemple, en passant devant une boulangerie, lui dire que vous avez oublié qu’il vous fallait du pain. Vous pouvez aussi lui proposer de venir avec vous dans la boulangerie pour choisir une pâtisserie qui lui ferait plaisir. Se trouver dans un nouveau lieu avec une tâche sur laquelle se concentrer lui fera probablement oublier comment vous en êtes arrivés là. Et vous pourrez rentrer ensemble déguster votre pâtisserie (en évitant les rues qu’il connaît bien et qui lui feront réaliser qu’il était sur le chemin qui mène à chez lui).
Et ensuite ? Comment faire pour qu’il ne veuille plus rentrer là où il ne vit plus ?
Il faudra trouver ce qui manque à votre proche dans son logement actuel.
Est-ce que ce sont les photos dans lesquelles il ne se reconnaît pas ? Il suffit de les remplacer par des photos du passé.
Les meubles qui ne sont plus les siens, s’il vit en résidence autonomie ou en ehpad ? Il est souvent possible de négocier pour apporter un meuble de votre proche. Trouvez celui qui était le plus important pour lui.
Un proche qui lui manque ? Cela s’estompera peut-être si vous déposez le gilet de l’être qui lui manque sur un coin de fauteuil.
Les idées sont très nombreuses et ça ne sera pas évident de trouver au premier essai. Ne vous découragez pas. Ce n’est pas évident de deviner les besoins d’une personne qui ne sait pas les exprimer, et qui ne sait parfois même pas de quoi elle a réellement besoin.
Dans tous les cas, vous ne pourrez pas mal faire.
N’hésitez pas à aborder le sujet avec des soignants ou des amis. Parfois avoir un point de vue extérieur vous donne de nouvelles idées.
Par exemple, vous pourrez placer dans la pièce un pot pourri dont l’odeur qui rappellera de bons moments (l’odeur des bouquets de fleurs dans la maison, l’odeur de la pâtisserie de son enfance, etc.).
Vous pourrez peut-être aussi programmer un de ses appareils pour qu’il diffuse de la musique que votre proche aime et qu’il écoutait souvent chez lui.
Vous trouverez ici d’autres idées de cadeaux à offrir pour que votre proche âgé se sente mieux chez lui.
Il n’y a de limite que notre imagination !

Bonjour
Je m’occupe de mon époux atteint d’Alzheimer depuis 2012 ,il a 78 ans et moi 79 ans
j’ai suivi des formations , lu beaucoup d’ articles ,
J’ ai appris à être patiente , j’essaie de rentrer dans son « jeux » quand il veut retourner chez ses parents ,je lui dis que l’on ira demain., et je fais ainsi pour toute ses demandes.
Mon entourage , veux que je me protège,
Le ssiad de l’AIMV, pour toilette et infirmières ,plus une auxiliaire de vie 1 h par semaine pour lui tenir compagnie .
On a une vie , bien réglée,
J’ ai fait une via trajectoire , pour le cas où….
Et malgré tout ça , mon époux veux toujours partir chez ses parents.
Il n’est pas agressif , mais il faut toujours parlementer, jours et nuits..
Depuis que beaucoup de personnes du ssiad passent ,ils ne me reconnais plus ,je fais partie du personnel soignant….
Alors cela m’aide, dans le sens, ou ça m’apprend à lâcher prise , aussi à passer la main.
Mais l’amour est là , et l’amour et le soutien de nos enfants et de la famille sont très précieux .
Malgré , que cette maladie nous isole
Ces conseils sont très mignons, mais on fait comment lorsque la personne se met en danger continuellement dès que l’on a le dos tourné, ex : aller à la station mettre de l’essence, et qui à ce moment là décide de faire cuire tous les aliments qui se trouvent au frigo… et dont la moitié ira à la poubelle ? Et lorsqu’on la surprend à monter sur une chaise pour vouloir changer une ampoule et que cette personne est déjà tombée presque à mourir : Ah, surtout ne pas lui dire qu’elle a tort !? On fait quoi, on sourit et on élève toutes les chaises de la maison ? Et c’est un infime et minuscule exemple de ce que je vis moi avec ma mère atteinte d’Alzheimer ; et pourtant elle se souvient du passé (pour le moment) et a assez de moment de lucidité pour envoyer des réflexions cinglantes voire d’une méchanceté absolue : alors vouloir expliquer qui faut éviter les « langages corporels », ne pas raisonner avec ces personnes, ne pas montrer de signe d’exaspération, souffler etc… C’est facile à formuler dans une rédaction… Mais les personnes qui s’occupent d’une personne atteinte de démence ne sont pas des personnes dénuées d’émotions et ont aussi un point de rupture qui bien souvent ne peut se régler avec des conseils ou des recommandations de papier… Ma mère a toujours été angoissée à l’idée de se retrouver un jour en EPHAD et donc je m’en occupe jusqu’à ce qu’il se puisse, et de manière à ce qu’elle reste le plus longtemps dans sa maison, aussi je suis obligé de sacrifier une grande partie de ma vie et ça me laisse un goût amer…
Oh… je vous lis, et je ressens toute la fatigue, la colère parfois, et surtout l’immense amour qui se cache derrière vos mots. Ce que vous décrivez est terriblement difficile. Vivre chaque jour dans la peur qu’il arrive quelque chose, devoir rester en alerte en permanence, tout en essayant de rester calme et douce… c’est épuisant.
Vous avez parfaitement raison : dans la réalité, c’est souvent bien plus complexe que ce que la théorie laisse entendre. Quand on parle de ne pas raisonner, de garder son calme, de ne pas montrer son exaspération… c’est facile à écrire, mais dans la vraie vie, personne n’y arrive tout le temps. Et c’est normal. Vous êtes humaine. C’est l’idéal à atteindre. Ne pas s’énerver devant la personne ne signifie pas ne pas s’énerver tout court… juste de s’éloigner le temps que l’émotion vive se dissipe. Car vous avez déjà du réaliser que les choses sont pires si votre mère est angoissée ou en colère. Et que peu importe les réprimandes… elle reproduit les mêmes « bêtises » ensuite.
Les petits conseils que je partage ne sont jamais là pour donner de leçons, mais pour offrir des pistes, parfois pour les moments où c’est possible, quand la situation le permet un peu.
Quand au souhait de préserver votre maman et de respecter les décisions qu’elle a prises avant la maladie… c’est une question tellement délicate.
Avait-elle exprimé, à ce moment-là, le souhait de rester chez elle quoi qu’il arrive, même avec des troubles importants ?
Souvent, ces décisions sont prises bien avant d’imaginer concrètement ce que la maladie implique au quotidien. Et il est normal qu’avec le temps, les réalités évoluent, que les besoins changent — pour elle comme pour vous.
Parfois, certaines familles trouvent un équilibre en cherchant des compromis : un lieu de vie qui reste chaleureux, des visites fréquentes, une chambre individuelle, ou encore des repas faits sur place… L’idée n’est pas de “renoncer”, mais d’adapter, pour que chacun puisse continuer à vivre dans un cadre plus apaisé.
Prenez soin de vous autant que vous le pouvez. Vous aussi, vous comptez.
Je suis soignant dans une maison de soins qui « dispose » d’une unité fermée et cette article simple et précis est de bon conseil.
Merci. Ça m’encourage.
C’est tellement difficile.
Est-ce que le fait que la personne veuille rentrée chez elle alors qu’elle est déjà est un symptôme alzheimer ou on peut le retrouver dans d’autres pathologies ?
Merci pour votre réponse
On peut le retrouver dans différentes pathologies où il y a des pertes de la mémoire récente. La personne oublie que ce domicile est le sien depuis X années, elle n’a plus de souvenir là où elle se trouve. Et elle veut se rendre là où elle a des souvenirs. Souvent aussi, c’est un endroit où elle était avec ses parents et se sentaient en sécurité ou dans bien au début du mariage dans des années très heureuse. C’est une façon inconsciente de vouloir être rassurée et entourée.
Merci pour ses précieux conseils. Le placement de nos aînés est très difficile à assumer émotionnellement. Vous m’avez été d’une grande aide.
merci tout simplement
Merci beaucoup c’était intéressant
Bonjour Amélie,
Mon père est atteint de MCL et notre demande d’intervention de l’Esa est soumise à minimum 6 mois d’attente. Donc je suis ravie de pouvoir bénéficier de vos conseils d’ergothérapeute. Effectivement, rentrer chez soi est une obsession depuis les premiers signes de la maladie. D’abord parce qu’il ne reconnaissait plus sa maison où il se croyait en vacances, maintenant suite à son récent déménagement, en ville et en appartement dans une toute autre région.
Plus de sport possible, plus de jardin, tellement de choses lui sont devenues impossibles, condamné à l’inactivité et à l’anxiété… cela n’est pas étonnant qu’il cherche son « chez soi » où il était encore en possession de ses moyens !
Bonjour
Nous cherchons désespérément une réponse à sa question’ je veux rentrer chez moi. Maman atteinte de la maladie d Alzheimer est en EHPAD depuis un an et croit qu’ elle est dans un hôpital .En effet nous lui avons menti quand elle est partie en maison car elle était totalement contre. C’est une angoisse pour nous à chaque visite elle pleure et moi ça me rend malade mais je ne lui fais pas voir. Merci pour votre aide.
Bonjour,
Vous devriez demander à l’équipe ce qu’ils pensent de la situation. Ils vous diront en fonction de son état de santé s’il est bon de lui dire qu’elle restera finalement sur le long terme car son état de santé ne lui permet pas de retourner à son domicile. Ils ont l’habitude de ces situations.
Peut-être, en sachant qu’il s’agit de son nouveau domicile, qu’elle commencera à s’y sentir mieux et à s’autoriser à prendre ses marques. Des choses pourront être mises en place pour qu’elle se sente chez elle.
merci pour vos conseils. Dommage de ne pas les avoir lus ce midi car je me serais comportée sans doute différemment avec ma mère de 96 ans atteinte de sénilité.