Vous êtes aidant ? Voici 7 résolutions que vous devriez tenir cette année !

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Devenir aidant, c’est accueillir dans sa vie une grande quantité de stress et de responsabilité. C’est aussi, parfois, s’accuser de nombreuses choses que personne ne pourrait pourtant vous reprocher. Eh oui, quand on aide un proche, il est facile de se sentir coupable de ne pas réussir à rendre sa vie plus agréable, de ne pas lui accorder assez de temps à cause de son travail ou de sa vie de famille, ou d’avoir perdu le contrôle et d’avoir répondu sévèrement à son proche.

En faisant tout cela, vous oubliez de voir tout ce que vous faites de positif. Vous donnez votre temps, vous donnez votre énergie. Vous développez chaque jour de nouvelles capacités pour accompagner un proche en situation de fragilité.

Alors, pour vous aider à vous sentir mieux dans votre rôle d’aidant, j’ai envie de vous proposer 7 résolutions. Ces résolutions de la nouvelle année pourraient changer votre vie et la façon dont vous vous voyez.

1. Soyez doux avec vous-même.

Lorsque vous vous lancez dans l’aventure des soins familiaux, il est facile de vous perdre. Entre une liste interminable de choses à faire et des besoins croissants, il est possible que vous vous perdiez vous-même. Vous n’avez plus de temps pour vous, et vous ne savez même plus ce que vous faisiez avant pour vous amuser et vous détendre. Mais pour être un bon aidant familial, il faut aussi prendre soin de soi-même. Ou vous risquez de craquer, d’abandonner ou d’être maltraitant. Trouver du temps pour vous et avoir conscience du mérite que vous avez vous aidera non seulement à vous sentir mieux au quotidien, mais aussi à mieux aider votre proche. Ne doutez plus : vous êtes une bonne personne et un bon aidant.

2. Ne stressez pas à propos de choses que vous ne pouvez pas contrôler.

Certains de mes lecteurs doutent d’être de bons aidants.

En effet, leur proche ne mange pas les repas préparés qui lui sont livrés, car il n’aime pas la nourriture collective

Parfois aussi, leur proche se plaint beaucoup de la solitude et leur aidant ne peut passer qu’une fois par semaine, voire deux.

Je réponds à ces lecteurs qu’il y a une chose dont ils doivent impérativement prendre conscience : parfois certaines situations sont hors de leur contrôle. Il y a des moments où nous ne pouvons tout simplement pas être là. Parfois nous ne pouvons rien faire pour améliorer une situation. Mais ces choses ne sont pas de la faute des aidants. Ce n’est pas un manque d’amour ou d’investissement. C’est la maladie, l’environnement, la situation économique… la vie tout simplement.

Si votre proche est en danger seul au domicile, ce n’est pas de votre faute si vous devez le faire admettre en Ehpad. Ce n’est pas de votre faute si vous travaillez et ne pouvez pas toujours être présents. Ce n’est pas de votre faute non plus si vous devez faire venir une personne pour une aide à la toilette alors que votre proche ne le voulait pas.

Vous punir pour des événements imprévus ou des choses qui échappent à votre contrôle ne fait que rendre la vie plus difficile et l’avenir semble plus sombre. Au cours de la nouvelle année, prenez du recul et respirez – et rappelez-vous que vous ne pouvez pas contrôler ou résoudre toutes les situations.

3. N’oubliez jamais quelle est votre relation

En fin de compte, en tant qu’aidants familiaux, nous faisons ce que nous faisons par amour pour quelqu’un dans notre vie. Notre sens des responsabilités et du devoir peut brouiller les pistes, mais cet amour ne doit pas être oublié. 

Il est possible que parfois, on s’investisse tellement que l’on perd de vue son rôle d’enfant pour devenir l’aide-soignant, le rééducateur et l’infirmier de son proche. Faire la toilette d’un parent peut être très dérangeant. Si en plus il s’agit d’un moment que votre proche n’apprécie pas, cela peut créer du conflit entre vous. Vous perdez votre complicité mère-fille pour faire des gestes de soins sans affects. (Pour certains, cela renforcera leur complicité… c’est vraiment du cas par cas)

N’hésitez pas à faire le point, et à déterminer ce qui peut ou non perturber la relation avec votre proche. Des soignants et autres professionnels peuvent prendre le relais. Et ce temps nouveau que vous avez, vous pouvez l’utiliser pour vous reposer et être plus détendue. Et aussi pour proposer des activités amusantes à votre proche et ainsi redevenir complices.

4. Voyez le positif même dans les petites choses.

Même les situations les plus difficiles présentent des bons côtés, mais ils sont parfois difficiles à voir.

Si votre proche ne sait plus cuisiner seul et que vous devez l’aider, il ne s’agit pas juste d’une corvée. Il s’agit d’un moment que vous passez à deux. Vous pouvez apprendre les recettes et techniques de cuisine de votre proche alors que vous ne preniez pas le temps de le faire avant.

Votre proche oublie le présent et se croit dans le passé ? Vous allez apprendre des choses intéressantes sur sa vie, des choses que vous ne soupçonniez peut-être pas.

La maladie change la personnalité de votre proche ? Peut-être qu’il deviendra plus tendre, qu’il fera plus de câlins, qu’il vous dira plus souvent comme il apprécie votre présence…

Ce sont de petits détails, mais en prenant conscience de ces petits bonheurs, votre quotidien deviendra plus heureux. Cela mettra de la lumière dans des journées sombres.

5. Prenez le temps de décompresser

Chaque aidant doit pouvoir s’éloigner de temps en temps. Vous méritez de trouver un répit dans vos responsabilités, que ce soit pour prendre enfin les vacances que vous avez prévues ou pour faire une petite promenade le soir. Des soignants, des professionnels, des associations ou d’autres membres de la famille peuvent prendre le relais de temps en temps.

Certains riront en lisant ceci. Et pourtant, je sais que ce temps que vous prendrez pour vous sera du temps que vous serez ensuite en mesure d’offrir à votre proche. Sans ce temps de repos, vous craquerez. Si vous n’avez jamais un instant à vous, vous risquez un burn-out et de gros problèmes de santé. Et pendant que vous vous ferez soigner, votre proche devrait se débrouiller sans vous. Parfois dans l’urgence.

Si prendre du temps pour vous vous semble impossible, commencez petit. Une fois par semaine, prévoyez de prendre une heure pour vous. C’est à vous de décider de ce que vous ferez de ce temps, à condition que vous ne l’utilisiez pas pour faire plaisir à votre proche malade ou à une autre personne. Prendre du temps pour soi n’est pas égoïste, c’est essentiel pour votre bien-être et celui de votre entourage.

6. Profitez du temps dont vous disposez.

Les soins et les tâches du quotidien prennent énormément de temps. Mais votre proche n’est pas éternel. Et s’il est atteint d’une maladie dégénérative, comme Alzheimer, ses capacités disparaîtront petit à petit. Alors, ne vous focalisez pas sur certaines tâches qui ne sont pas essentielles.

Peu importe si les chambres à l’étage ne sont pas nettoyées ou si les vitres sont sales. Votre temps serait mieux utilisé si vous le passiez à profiter de votre proche. De sa conversation, de ses rires. Peu importe que les repas que vous lui apportez ne soient pas des petits plats maison… il existe de bons plats préparés ou d’autres personnes qui peuvent préparer le repas de votre proche. Il préférera sûrement partager le café et une douceur avec vous, plutôt que de ne pas vous voir, car vous passez une demi-journée chez vous à préparer ses repas pour la semaine.

Le stress et les responsabilités nous empêchent souvent d’en profiter, mais chaque instant partagé avec une personne âgée est un trésor. En profitant de ce temps avec votre proche, vous ferez son bonheur. Mais aussi, vous aurez moins peur de l’avenir, car vous vous serez fabriqué plein de beaux souvenirs.

7. Trouvez de l’aide quand vous en avez besoin

Je le dis souvent : la tâche d’un aidant peut devenir l’équivalent d’un job à temps plein. C’est souvent plus qu’une personne ne peut gérer seule. Lorsque vous vous sentez à bout de forces ou incapable de remplir toutes les obligations que vous vous êtes fixées, n’hésitez pas à demander de l’aide à votre famille et à vos amis.

N’oubliez pas d’être précis et direct, beaucoup de gens aimeraient aider sans savoir quoi faire. Il peut s’agir d’aide auprès de votre proche (lui apporter le pain une fois par semaine, sortir son courrier de la boîte aux lettres). Mais aussi auprès de vous. Dites-le si vous rêvez d’un bon repas où vous n’auriez qu’à mettre les pieds sous la table, vous n’imaginez pas combien d’amis seraient heureux de vous cuisiner leur spécialité. Des voisins amicaux peuvent aussi vous apporter le pain en allant chercher le leur, ou promener votre chien de temps en temps.

Si vous n’avez personne à qui demander de l’aide, vous n’êtes pas seul(e) pour autant. Des professionnels peuvent vous aider pour de nombreuses tâches. Leur aide peut être financée par la sécurité sociale (préparation des médicaments, toilette, etc.) ou par des aides financières telles que l’APA. Il existe aussi de plus en plus d’associations qui proposent des missions de bénévolat pour divertir les personnes âgées dans des centres ou à domicile. Alors, n’hésitez pas !

Personne ne peut vous aider si vous n’informez personne de vos besoins. Demander de l’aide pour s’occuper d’un proche n’est pas un échec. Il s’agit de s’organiser afin d’offrir le meilleur accompagnement possible, le plus longtemps possible.

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68 commentaires

  1. Bonjour suite au décès de mon papa, j’ai maintenant maman à la maison. Elle a 89 ans et elle est encore assez autonome pour son âge. Le problème c’est que elle regarde beaucoup la télévision… je lui propose des jeux de sociétés mais elle n’est pas très réceptive. Que puis-je lui proposer ?

    1. Bonjour. Tout dépend de ses goûts et capacités.
      Déjà, elle peut participer aux tâches ménagères de la maison. Préparer une soupe, mettre et laver la table, aider à plier le linge. Ce sont des activités qui n’ont l’air de rien mais qui stimulent cerveau et corps et permettent à la personne de garder le moral.
      Pour les jeux, ce n’est pas facile de s’y mettre si elle n’a jamais vraiment joué. Peut-être essayer plutôit des jeux anciens qu’elle a pu faire avec vous ou avec ses petits-enfants (petit bac, petits chevaux, dominos).
      Est-ce que ce qui est créatif pourrait plus lui plaire ? Coloriages, peinture, etc. C’est plus facile de s’y mettre si elle vous voit en faire aussi. Ca sera une activité à faire à deux au début, puis qu’elle pourra faire seule avec le temps.
      Il y a aussi les activités type crochet ou tricot qu’elle peut faire seule (et même en regardant la télévision). Pleins d’associations proposent de leur déposer les créations (pour les prématurés, couvertures dans les refuges pour animaux, etc.)
      Et sinon, il y a la lecture. En fonction de sa vue, il y a divers équipement possible .Table loupe, liseuse pour aggrandir les caractères, livres avec police en grand format (il y en a pleins dans les médiatheques maintenant), audiobook. Et si elle ne se concentre pas longtemps, il y a les recueils de nouvelles, les magasines sur différents thèmes.

  2. Bonjour
    Tous vos articles m’aident énormément, je vous remercie pour cela
    Je vous souhaite le meilleur pour cette année et toutes les années à venir

  3. MERCI pour vos précieux conseils. Cela me fait beaucoup de bien de vous lire, je suis l’aidante à temps plein de mon fils de 33 ans atteint d’une maladie des os, alité 24h sur 24 et complètement dépendant, qui me demande à partir. J’ai aussi ma maman atteinte d’Alzheimer que j’ai dû placer en 2024, non sans une grande culpabilité au fond de moi, et enfin mon papa qui était l’aidant de ma maman mais qui ne supportait plus la maladie, il était épuisé, j’ai aussi dû le placer dans le même ehpad que maman, 1 mois après son placement. J’essaie de croquer les petits instants de bonheur qui resteront gravés dans mon coeur à jamais. Je vous avoue que j’ai du mal à me prendre du temps pour moi, mais j’essaie.
    MERCI pour tous vos précieux conseils, il devrait y avoir des ergos Amelié Wallyn dans toutes les UVP d’ehpad, j’aurais tant aimé pouvoir rencontrer une personne comme vous dans l’UVP où se trouve ma maman……..les personnes auprès desquelles vous intervenez ont beaucoup de chance de vous avoir.
    Une très belle année 2025 à vous, la plus douce possible et la santé, la plus précieuse des richesses.
    Prenez soin de vous.
    Nathalie

    1. Oh votre message est adorable. J’aimerai aussi aider les personnes qui sont partout. A défaut de pouvoir me multiplier, je fais du mieux que je peux à travers ce site.
      Je suis désolée pour ce parcours de vie difficile que vous avez. Ce rôle d’aidant qui prend tant de formes. Pour cet enfant malade qui demande à partir (je suis maman d’un enfant de 3 ans, et je n’ose imaginer la souffrance que ce soit être pour vous). Je vous envoie mes meilleurs pensées.

  4. Je vous souhaite tous mes voeux pour 2025.
    Que la paix, la sérénité et la tendresse éclairent cette nouvelle année.
    Que la santé et le bonheur vous accompagnent tout au long de l’année.

    Je vous remercie pour vos précieux conseils.

  5. Bonjour, tout d’abord merci de parler simplement, je comprends bien tout ce que vous proposez, expliquez, démontrez, supposez… votre lecture m’aide beaucoup, merci encore

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