• Accueil
  • /
  • Blog
  • /
  • Général
  • /
  • INCONTINENCE : comment faire quand mon proche n’arrive plus jusqu’aux WC ?
Amélie Wallyn

INCONTINENCE : comment faire quand mon proche n’arrive plus jusqu’aux WC ?

incontinence urinaire personne âgée

Devoir gérer les problèmes d’incontinence est une situation fréquente pour les personnes accompagnant un proche âgé au quotidien. En effet, 20% des personnes de 80 ans vivant à domicile sont incontinentes. 50% des personnes en institution souffrent d’incontinence.

Il s’agit donc d’un problème majeur sur lequel il vaut mieux s’informer. Surtout qu’avec certaines adaptations, il est tout à fait possible d’éviter à la personne âgée d’avoir à porter des protections urinaires. Qui ne préférerait pas rester continent et pouvoir éviter de « porter des couches » ?

Et quand enfin le port de protection devient inévitable, encore faut-il savoir quel type de protection choisir, où se les procurer et comment les financer. En effet, l’utilisation d’une mauvaise protection peut compliquer la vie de la personne âgée et de son aidant. En effet, en fonction de la capacité d’absorption, le nombre de fois où il faut changer la protection varie. Une notion à prendre en compte quand on sait qu’une protection trop rarement changée peut entrainer infections et irritations sévères.

Nous allons revenir ensemble sur tout ces points pour que l’incontinence de votre proche ne soit plus source d’angoisse et d’épuisement pour vous !

Pourquoi l’incontinence est-elle fréquente chez les personnes âgées ? 

Le corps vieillit et nous place dans diverses situations à risque pour l’incontinence.

  • En effet, la masse musculaire diminue (ce qui rend compliqué le fait de se retenir, mais aussi le fait d’éliminer toute l’urine présente dans la vessie) .
  • Il y a une diminution de la sensation d’avoir besoin d’aller aux WC
  • Le rythme à laquelle on va aux toilettes se modifie. Lorsque nous sommes jeunes, nous y allons deux fois plus en journée que dans la soirée et la nuit. Tandis que lorsque nous vieillissons, c’est l’inverse qui se produit.

A cela s’ajoute les autres problèmes de santé :

incontinence urinaire personnes âgées

  • Les troubles de l’équilibre rend les transferts plus prudents, plus lents.
  • Les troubles cognitifs peuvent entraîner une erreur de jugement mais aussi une désorientation dans l’espace
  • Les médicaments peuvent amener la personne à uriner très fréquemment.
  • La diminution de la masse musculaire rend les déplacements plus difficiles.
  • La diminution de la sensibilité rend les manipulations plus difficiles et il est donc plus compliqué d’enlever ses vêtements

Ainsi, on peut distinguer différentes causes à l’incontinence urinaire (et fécale dans certains cas). Il y a l’incontinence liée à un problème physiologique qui fait que les muscles responsables de l’élimination et de la continence ne fonctionnent plus convenablement. Mais il y a aussi toutes ces incontinences secondaires, liées à des facteurs extérieurs (comme le fait qu’il est plus difficile de se lever, de se déplacer, de s’orienter jusqu’aux WC).
Bien souvent, ces deux types d’incontinence sont présentes. Mais ils varient à des degrés différents. Ainsi parfois, jouer sur l’environnement suffira à rendre une personne à nouveau continente.

Mon proche a eu plusieurs accidents urinaires, que faire ? 

La première chose à faire sera de consulter un médecin pour déterminer la cause de cette incontinence.

Le médecin commencera par interroger votre proche afin de déterminer combien de fois cela est arrivé (est-ce ponctuel ou régulier), si c’est arrivé la nuit ou le jour, si la personne faisait un effort à ce moment-là…

Il prescrira ensuite plusieurs examens :

  • une analyse d’urine pour vérifier ou éliminer la présence d’une infection urinaire,
  • une échographie pelvienne afin de vérifier qu’il n’y a pas de tumeur.
  • un examen de la prostate chez les messieurs (prise de sang, toucher rectal…)
  • un bilan urodynamique pour mieux comprendre ce qu’il se passe dans le corps.

Quels sont les traitements pour l’incontinence ? 

Tout dépend de la cause de cette incontinence. En effet, les traitements ne sont évidemment pas les mêmes dans les cas d’infections urinaire que dans ceux de cancer de la prostate ! Voici différents traitements que le médecin pourra proposer à votre proche :

  • une adaptation de l’alimentation. Certains aliments peuvent en effet accentuer les troubles urinaires de votre proche. Le thé et le café, les boissons gazeuses, les aliments acides et les piments irritent la vessie. Certains aliments ont également un effet diurétique comme le thé vert, la tisane, l’alcool, les asperges… Eliminer ses aliments de l’alimentation de votre proche (ou du moins les diminuer), permettra de stabiliser la situation.
  • de la rééducation avec un kinésithérapeute pour renforcer les muscles du plancher pelvien,
  • essayer des méthodes comportementales où votre proche apprendra à allonger l’intervalle de temps entre les différents passages aux WC
  • des traitements médicamenteux adaptés à la situation : antibiotiques, traitement hormonal, anticholinergique …
  • un traitement chirurgical

Le médecin pourra également proposer le passage d’une ergothérapeute pour aménager le domicile (et rendre l’accès aux WC plus facile et rapide) et pour conseiller des aides techniques adaptées à la situation.

Comment faire s’il urine avant d’arriver aux WC ? Quelles sont les adaptations proposées ? 

Il peut avoir diverses solutions en fonction de la cause de ces accidents :

  • Votre proche arrive jusqu’au WC, mais n’a pas le temps de se déshabiller :

Peut-être que ses vêtements ne sont pas adaptés ? Avec l’âge, il devient plus difficile de manipuler les boutons car la sensibilité dans le bout des doigts diminue. Vous pouvez alors proposer à votre proche des jupes et robes s’il s’agit d’une femme et qu’elle se sent à l’aise avec ce type de vêtements. Sinon, vous pouvez facilement trouver des pantalons qui n’ont pas de boutons. Pour les personnes d’un certain âge, il est souvent proposé des pantalons avec un élastique (le même principe que les pantalons de jogging) ou avec des scratchs. Cela enlève l’étape de l’ouverture du bouton ou de la pression. De même, évitez les ceintures ou les collants (préférez les bas qu’il ne faut pas enlever à chaque fois). Il n’y a alors plus qu’à baisser le vêtement et le sous-vêtement.

  • Votre proche n’a pas le temps de se déplacer jusqu’aux toilettes :

Les déplacements des personnes âgées peuvent devenir plus lents et compliqués. Rien que l’action de se lever du lit peut être longue ! Alors si les toilettes sont à l’autre bout de la maison, la personne a uriné avant d’y être arrivée. Cela arrive plus fréquemment la nuit (puisque la personne se réveille trop tard et a du mal à se mettre en action à cause de douleurs articulaires ou autre) mais cela peut également arriver le jour. Le plus simple est alors de proposer une chaise percée dans la chambre (pour la nuit) ou proche du fauteuil où la personne âgée passe l’essentiel de ses journées. Cela lui évitera de courir à travers la maison et de prendre le risque de chuter dans la précipitation.

  • Votre proche a la maladie d’Alzheimer et ne trouve pas assez rapidement les toilettes :

On n’y pense pas, mais cela arrive assez souvent ! Une dame chez qui j’étais intervenue a vu sa vie changer quand elle a découvert qu’en guidant son mari vers les toilettes, il n’était plus incontinent (même s’il avait encore parfois quelques accidents urinaires lorsqu’il était contrarié).
Voici ce que vous pouvez installer à votre domicile pour indiquer le chemin vers les toilettes :

  • des écriteaux sur les portes de chaque pièce avec ce qu’il trouvera derrière la porte. Vous pouvez choisir les décorations que l’on trouve dans le commerce pour indiquer la chambre, la cuisine, la salle de bains… ou vous pouvez accrocher sur la porte une feuille blanche sur laquelle vous aurez écrit au marqueur.
  • pour la nuit, vous pouvez installer un parcours lumineux qui va de la chambre aux toilettes. Vous pouvez utiliser du scotch phosphorescent ( que vous pouvez trouver ici ) ou des veilleuses sur chaque prise entre la chambre et les toilettes. Le deuxième avantage de ces repères, c’est qu’il saura retrouver sa chambre une fois la commission faite et qu’il ne déambulera donc pas toute la nuit dans la maison parce qu’il s’est perdu puis qu’il a oublié qu’il voulait retourner se coucher.
  • vous pouvez également laisser la porte des toilettes ouvertes, pour qu’elles soient visibles.
  • Et enfin, s’il ne se perd que la nuit, vous pouvez lui proposer une chaise percée dans la chambre.

Quelle protection urinaire choisir en fonction de chaque situation ? 

Bien choisir sa protection est importante. Il y en a des plus fines et invisibles, des plus épaisses et plus absorbantes… Mesdames, c’est un peu comme les protections menstruelles. On n’irait pas porter une serviette hygiénique très épaisse prévue pour la nuit quand nous allons travailler ! L’épaisseur gène en effet lors des mouvements, elle peut être vue sous le pantalon… Et en même temps, si on porte seulement un protège slip en pleine période de règles, ca déborde et on tâche le pantalon. C’est exactement la même chose pour les protections urinaires.

Une protection trop épaisse limite les mouvements et n’est pas esthétique.

Une protection trop fine peut entraîner des fuites et doit être changées très souvent pour éviter d’autres fuites mais aussi les infections et irritations.

  • Quel type de protection urinaire choisir ?

Voici un tableau proposé par la marque Tena pour choisir le bon niveau de protection :

1 point  2 points  3 points
Des fuites soudaines surviennent :    Après un effort  Au repos       /
Les fuites sont :  En goutte à goutte  Continues       /
Votre proche est capable de stopper la fuite d’urine :             Oui    Non
Votre proche est :     Indépendant*  Dépendant*       /
Votre proche est capable de demander de l’aide :             Oui    Non

 * Votre proche sait-il aller seul aux toilettes ou mettre seul sa protection urinaire ?

Si votre proche a moins de 7 points, il souffre de fuites urinaires légères. C’est une personne autonome. Favorisez dans ce cas les protections urinaires qui se collent sur le sous-vêtement. Ces protections sont fines et n’entravent pas les mouvements. De même, elles sont invisibles et ne sont donc pas embarrassantes en société.
Attention, il ne faut pas confondre ce type de protection avec des serviettes hygièniques. Elles n’ont pas le même système d’absorption, ni le même système anti-odeur.

Si votre proche est autonome mais qu’il a une incontinence urinaire modérée voir importante, proposez lui plutôt des sous-vêtements absorbant. Plus fin que des « couches », ils s’enfilent comme des sous-vêtements. Ils sont plus discrets et moins génant dans les mouvements.

Enfin, s’il est dépendant et que le change se fait allongé, utilisez plutôt des protections type « couches » qui se scratchent au niveau des hanches. Elles seront bien plus faciles à enfiler à votre proche.

  • Une fois le type de protection choisi, comment choisir la marque ?

L’indice d’absorption est noté sur les paquets des protections urinaires et peut vous aider à augmenter l’absorption ou la diminuer en fonction des besoins que vous avez constaté pour votre proche. Vous pouvez également demander son avis à votre pharmacien ou au revendeur de matériel médical. Vous pouvez également lui demander des échantillons de différents produits car il est normal de devoir essayer plusieurs protections avant de trouver celle qui correspond aux besoins de la personne. Ils vous en donneront normalement sans problème.

Certaines protections ont un indicateur de couleur permettant de savoir quand la protection doit être changée, d’autres ont des barrières anti-fuites au niveau de l’entre-jambes. Il y a ainsi certaines « options » que vous pouvez tester afin de savoir si cela vous est utile ou non.

Vous pouvez trouver des protections chez les pharmaciens, les revendeurs de matériels médicaux, et dans les supermarchés. Les prix diffèrent mais les capacités d’absorption aussi. Il faut alors déterminer si vous préférez changer souvent la protection (auquel cas, pas besoin d’avoir une très grande capacité d’absorption) ou si la protection ne sera changée qu’aux heures de passage des professionnels (et dans ce cas, il faudra une meilleure capacité d’absorption pour éviter les fuites, une protection qui neutralise les odeurs, qui maintien le pH de la peau à 5.5 pour éviter l’apparition de rougeurs et d’irritations à cause du contact prolongé avec l’urine). C’est un calcul à faire… Comptez le nombre de protections dont vous avez besoin pour voir ce qui est le plus intéressant au niveau financier mais aussi au niveau de votre confort et de celui de votre proche.

Enfin, sachez que les protections sont finançables par l’APA. Si votre proche devient incontinent, pensez donc à mettre à jour votre dossier pour l’APA et à demander les conditions de financement.

 

A propos de l'auteur Amélie Wallyn

Ergothérapeute et co-auteur de la méthode MALO, je partage mes conseils et outils pour vous aider à maintenir votre proche à domicile le plus longtemps possible !

Ne partez pas sans nous laisser un petit commentaire :)

{"email":"Email address invalid","url":"Website address invalid","required":"Required field missing"}

Autres articles qui pourraient vous intéresser...

>