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Vous venez de recevoir les résultats de l’imagerie cérébrale (IRM) de votre proche. Au milieu d’un jargon médical complexe, un terme ressort : « Leucopathie vasculaire stade 1 » ou « Score de Fazekas grade 1 ».
Il est naturel que ce diagnostic déclenche une vague d’anxiété. Sur internet, on lit souvent le pire concernant les maladies de la substance blanche. Pourtant, si vous lisez ces mots aujourd’hui, c’est une opportunité précieuse. Le grade 1 n’est pas le début d’une fatalité, c’est une fenêtre de tir stratégique pour préserver l’autonomie et la joie de vivre de votre parent.
Dans cet article, nous allons décoder ensemble ce que signifie réellement ce score et comment vous pouvez aider concrètement votre proche.
Décoder le score de Fazekas : Qu’est-ce que cela signifie vraiment ?
Pour comprendre le score de Fazekas, il faut imaginer le cerveau comme un réseau complexe de câbles électriques. La « substance blanche » représente l’isolant de ces câbles. Avec l’âge ou certains facteurs (tension, cholestérol), cet isolant peut s’abîmer par endroits : c’est ce qu’on appelle la leucopathie vasculaire.
Le score de Fazekas, inventé en 1987, permet aux radiologues de classer l’étendue de ces petites lésions :

- Grade 0 : Aucune lésion.
- Grade 1 : Des lésions ponctuées, isolées. Ce sont de tout petits points blancs à l’image.
- Grade 2 : Les points commencent à se rejoindre (lésions débutantes de confluence).
- Grade 3 : Les lésions forment de grandes plages blanches (confluence large).
Pourquoi le Grade 1 est une « bonne » nouvelle ?
Souvent le stade 1 est découvert plutôt par hasard, lors d’une imagerie pour une autre raison médicale.
Au stade 1, les dommages sont minimes. Le cerveau de votre proche fonctionne encore de manière quasi normale. Les circuits de communication sont très largement préservés.
À ce stade, on parle souvent de « vieillissement normal » chez les personnes âgées. Le cerveau vieillit mais cela n’entraîne pas forcément de trouble.
Il peut également s’agir d’un signes avant-coureurs qui, s’il est pris en charge, peut rester stables pendant de très nombreuses années.
Découvrir un fazekas 1 peut permettre d’agir avant que la leucopathie n’ait un impact majeur sur la santé de votre proche.
L’angoisse de l’aidant : « Est-ce le début d’Alzheimer ?
C’est la question que tous les aidants se posent. La réponse courte est : pas forcément.
Une personne atteinte d’Alzheimer aura des atteintes de la substance blanche. Mais une atteinte de la substance blanche ne signifie pas forcément qu’il y a Alzheimer.
La maladie d’Alzheimer est plus complexe et va au-delà de ces tâches sur l’IRM. Cependant, les deux peuvent coexister.
Une leucopathie peut avoir différentes origines. Une leucopathie désigne l’état du cerveau, mais pas le nom d’une maladie. Souvent, les leucopathie sont d’origines vasculaire mais il en existe d’autres types. Certaines sont ciblés à une zone du cerveau, d’autres sont généralisées. J’ai rédigé un article ici pour présenter les différentes leucopathies, leurs symptômes et traitements.
Il faut tout de même retenir que même sans être une maladie d’Alzheimer, une leucopathie peut engendrer des symptômes importants.
Le véritable risque du grade 1 n’est pas la maladie elle-même, mais une évolution liée à l’inaction. Si l’on ne change rien aux habitudes de vie, le grade 1 peut évoluer vers le grade 2. Mais — et c’est là l’essentiel — cette évolution n’est pas automatique. Des recherches sont encore en cours pour déterminer pourquoi cela évolue chez certains, même sous traitement, et non pas chez d’autres.
Le secret de la Plasticité Cérébrale : Votre meilleure alliée
Pendant longtemps, on a cru que le cerveau était une machine figée. On sait aujourd’hui qu’il est « plastique ».
Même si quelques petits points de substance blanche sont endommagés (Fazekas 1), le cerveau est capable de créer de nouveaux chemins pour contourner la zone abîmée. C’est comme si un accident bloquait une rue : si le GPS du cerveau est performant, il trouvera instantanément une ruelle adjacente pour acheminer l’information.
La difficulté commence quand la leucopathie s’accentue. Il y a de plus en plus de « rues » bloquées et il devient difficile pour l’information de se frayer un chemin.
Comment renforcer ce « GPS cérébral » ?
En stimulant le cerveau de manière régulière et variée, on augmente la densité des connexions. C’est ce qu’on appelle la réserve cognitive. Plus cette réserve est riche, plus le cerveau de votre proche pourra compenser les effets du grade 1 sans que cela ne se voie au quotidien.
Plan d’action : 4 piliers pour agir concrètement à la maison
L’anxiété vient souvent du sentiment d’impuissance. Voici comment reprendre le contrôle en tant qu’aidant.
A. La surveillance des facteurs de risque
Puisque la leucopathie est très souvent d’origine vasculaire, tout ce qui est bon pour le cœur est bon pour le cerveau.
- Vérifiez que la tension artérielle est bien équilibrée.
- Veillez à un bon suivi du diabète ou du cholestérol.
- Un arrêt du tabac (même tardif) a un impact immédiat sur l’oxygénation du cerveau.
B. Le mouvement : L’oxygène des neurones
Inutile de courir un marathon. Une marche de 20 minutes par jour suffit à stimuler la neurogenèse (la création de nouveaux neurones). Le mouvement favorise la circulation sanguine dans la substance blanche, limitant ainsi l’apparition de nouveaux points de Fazekas.
Bien sûr, si votre proche est capable de faire plus et y prend plaisir, cela ne fera pas de mal de pratiquer une plus longue activité sportive.
C. La nutrition « Cerveau-Sain »

Le régime méditerranéen (huile d’olive, noix, poissons gras, légumes verts) est le seul scientifiquement prouvé pour ralentir le déclin cognitif lié aux lésions vasculaires.
D. La stimulation cognitive : Le pilier le plus puissant
C’est ici que vous, l’aidant, avez le plus grand rôle. Mais attention : faire des sudokus toute la journée ne suffit pas. Le cerveau a besoin de nouveauté et de défi. Le but est de solliciter différentes zones : la mémoire, mais aussi l’attention, le langage, les fonctions exécutives et la motricité fine.
A ce stade, il est facile de trouver des sources de stimulation. La personne a encore toutes ou beaucoup de ses capacités. Alors il faut la solliciter un maximum.
Jeux de société, sorties culturelle, jeux de carte au club du coin, marche avec d’autres randonneurs (pour stimuler l’orientation spatiale, la mémoire des précédentes conversation et des prénoms), courses sans liste, etc.
Conclusion : Le grade 1 est un signal, pas une fin
Si vous deviez ne retenir qu’une chose : le diagnostic de Fazekas grade 1 est une chance de réagir alors que tout est encore possible. En combinant une bonne hygiène de vie et une stimulation cognitive bienveillante comme celle proposée par la méthode MALO, vous offrez à votre proche les meilleures chances de maintenir son autonomie, sa personnalité et ses souvenirs le plus longtemps possible. L’anxiété est une émotion légitime, mais l’action est son meilleur remède.
FAQ : Vos questions sur le score de Fazekas 1
Quelle est l’espérance de vie avec un grade Fazekas 1 ? Elle est pratiquement identique à celle d’une personne du même âge sans lésions. Le grade 1 est très commun chez les seniors et n’est pas un facteur de mortalité directe. L’enjeu est la qualité de vie et la prévention du stade 2.
Quels sont les symptômes du grade 1 ? Souvent aucun. Parfois, on note une légère lenteur de réflexion, des difficultés à faire deux choses en même temps ou des troubles de l’humeur passagers. Cela peut également provoquer de la fatigue car le cerveau doit travailler plus pour trouver un chemin en bon état pour faire circuler l’information.
Le grade 1 peut-il disparaître ? Non, les lésions de la substance blanche sont cicatricielles. En revanche, elles peuvent être parfaitement compensées par le reste du cerveau.
