Amélie Wallyn

Traitement : comment faire s’il ou elle l’oublie ?

traitement

Le traitement de votre proche est un sujet fréquent de dispute ? J’ai écrit cet article pour vous aider à permettre à votre proche âgé de prendre les bons médicaments, au bon moment, et au bon dosage ! Il existe des solutions pour que ce ne soit plus un sujet fâcheux (à condition que votre proche soit d’accord pour prendre son traitement).

La solution qui sera la plus adaptée à votre proche dépend de nombreux critères. Est-ce qu’ils sont capables de s’orienter dans le temps ? Est-ce qu’ils sont conscients d’avoir un traitement ? Est-ce qu’ils sont atteints d’une maladie type Alzheimer ? 

Pour vous aider à choisir la méthode la plus adaptée, j’explique pour chaque objet ou astuce les capacités nécessaires à son utilisation. 

 

Rappeler à son proche de prendre son traitement :

Beaucoup d’aidants appellent leur proche pour lui rappeler de prendre ses médicaments. 

C’est une solution qui peut vite être contraignante pour l’aidant. Cependant, cela permet à certains aidants d’être rassurés sur l’état de santé de leur proche, puisque cela leur permet d’être en contact avec lui au moins une fois par jour. 

Le souci de cette solution, c’est qu’il est probable qu’une fois le téléphone raccroché, la personne malade oublie instantanément la raison pour laquelle son proche appelait. J’en parlais encore récemment avec une lectrice. 

Pour éviter cette situation, notamment auprès des personnes atteintes d’une démence, il est possible de poser le pilulier près du téléphone avec un verre d’eau. L’aidant peut ainsi rester au téléphone jusqu’à ce que la personne ait pris ses médicaments. 

Ce n’est pas la solution la plus reposante pour l’aidant, mais il peut s’agit d’une solution de secours en attendant la mise en place d’un passage infirmier. 

 

Mon astuce pour ne pas oublier mon traitement : 

Il n’y a pas que les personnes âgées qui prennent des traitements chaque jour !  J’ai un médicament à prendre chaque jour à heure fixe, et j’avoue qu’au début, il m’arrivait de me mélanger les pinceaux. Les journées finissent par se ressembler et on peut facilement penser avoir déjà pris son traitement, alors que ce n’est pas le cas. Ou prendre celui du lendemain. 

J’ai d’abord pensé à utiliser un pilulier. Mais je trouvais cela assez encombrant et stigmatisant. Je n’ai pas envie d’attirer particulièrement l’attention sur mes problèmes de santé quand je suis en ville, ou quand je déjeune avec ma famille. 

Par ailleurs, quand je pars quelques jours en déplacement ou rendre visite à de la famille, je n’aime pas prendre la boîte de médicaments en carton avec moi. Elle s’écrase dans les bagages et prend beaucoup de place. 

Alors j’ai mis en place une situation-compromis. Mes médicaments sont dans une jolie petite boîte en plastique, qui ne fait pas penser au monde médical. Sur celle-ci, j’ai accroché un crayon grâce à un système d’aimant. Chaque jour, quand je prends mon traitement, je note l’initiale du jour. Le lendemain, il me suffit de l’effacer avec le doigt et de réécrire la nouvelle lettre par dessus (et de le nettoyer un peu mieux de temps à autre). 

C’est une solution bricolée. Mais qui me convient très bien. J’ai pu choisir une boîte qui est résistante et qui est colorée et donc bien visible. Je peux la laisser sur ma table de salle à manger sans souci. 

C’est une solution qui ne fonctionne que pour les personnes qui n’ont pas beaucoup de prises de traitement chaque jour. Elle ne fonctionne également que pour celles qui savent qu’elles ont un médicament à prendre et qui savent s’orienter dans le temps. 

Ce n’est donc pas adapté pour une personne atteinte de démence, mais cela peut l’être pour une personne qui ne prend qu’un traitement pour la tension. 

 

Mettre en place un pilulier :

Indications :

  • Si la personne semble mélanger ses médicaments, ou mal connaître son traitement.
  • Si vous voulez avoir un contrôle visuel si les traitements sont pris (une autre personne qui passe chaque jour ou régulièrement peut jeter un coup d’oeil pour vérifier si les médicaments qui devraient avoir été pris à ce moment de la journée ne sont plus dans le pilulier).
  • Attention, il faut que votre proche ait une bonne orientation dans le temps et sache faire la distinction entre les jours (et ne pas prendre plusieurs fois son traitement en pensant l’avoir oublié en voyant celui du lendemain qui est encore là), et la distinction entre le midi et le soir. Pour favoriser la bonne orientation dans le temps (par rapport au jour) et la prise régulière des traitements (à chaque repas), placez le pilulier sur la table où votre proche prend ses repas et où vous placerez également une éphéméride ou une petite horloge indiquant la date.

Comment utiliser le pilulier :

  • Votre proche peut préparer son traitement lui-même, en prenant le temps dans un moment calme pour lui. 
  • Votre proche peut remplir son pilulier avec vérification par une tierce personne (famille ou infirmière)
  • Le pilulier peut être préparé par une tierce personne (et donné chaque jour ou chaque semaine en fonction des difficultés à s’orienter dans le temps, ou du besoin de vérifier la bonne prise des traitements)

Où trouver un pilulier, et comment le choisir ?

Vous pouvez trouver des piluliers en pharmacie, sur les marchés ou sur internet. En fonction de votre proche, choisissez un pilulier adapté. Par exemple, s’il a beaucoup de médicaments ou de gros comprimés, pensez à en prendre un avec de grandes cases comme celui que vous pouvez voir en cliquant ici. S’il y a des écritures sur le pilulier, il est préférable qu’elles soient en grand et en français (s’il s’agit de la langue maternelle de votre proche).

Si votre proche a peu de traitement, vous pouvez opter pour un pilulier moins cher comme vous pouvez en voir en cliquant ici.

 

Proposer un pilulier alarme et/ou une montre vibrante :

Le pilulier alarme est particulièrement indiqué pour les personnes qui savent gérer leur traitement elles-mêmes (et qui ont conscience d’avoir un traitement à prendre), mais qui oublient si elles ont déjà pris leurs médicaments ou non. 
Par contre, ce pilulier peut être perturbant pour une personne atteinte d’Alzheimer à un stade modéré ou avancé, car elle ne saura pas identifier d’où vient l’alarme. Elle peut alors décrocher le téléphone ou panique parce qu’elle pense qu’il s’agit d’une alarme incendie. 

 

Comment fonctionne un pilulier alarme ?

Comme certaines femmes mettent une alarme sur leur téléphone pour penser à la pilule, certaines personnes âgées ont aussi besoin d’un rappel sonore pour penser à leur traitement. Le pilulier alarme est un pilulier, qui une fois paramétré, va sonner tous les jours à l’heure de prendre son traitement. Sachez qu’il doit être paramétré une fois, et que cela peut être assez compliqué pour une personne âgée qui aura donc besoin de l’aide d’une tierce personne.

Pour le reste, le pilulier alarme s’utilise de la même façon qu’un pilulier classique. 

Si la personne n’est pas capable de remplir son pilulier seul, un aidant ou un professionnel peut le lui remplir une fois par semaine. 

Il est également nécessaire que l’aidant vérifie régulièrement l’état des piles contenues dans l’appareil. 

 

Où trouver un pilulier alarme et comment le choisir ? 

Vous pouvez en trouver dans certaines pharmacies ou chez un revendeur de matériel médical. Vous pouvez également en trouver sur internet.

– Le pilulier alarme (cliquez ici). Choisissez en un qui a le bon nombre de cases, en fonction du nombre de fois dans la journée où votre proche a besoin de prendre des traitements. Il en existe avec 24 compartiments ! Faites également attention à la taille des compartiments en fonction de la taille des médicaments pris par votre proche.

  • Une lectrice m’a conseillé ce pilulier (cliquez ici). Il est programmable, bénéficie de 48 compartiments, et ne permet pas à la personne d’ouvrir un compartiment qui n’a pas été programmé pour s’ouvrir. Il sonne 4 fois et possède également une alarme visuelle. Il est possible de passer le pilulier alarme en mode silence. 

Si votre proche a des troubles de l’audition, il peut porter une montre (comme celle-ci) qui sera programmée pour vibrer (et sonner également si souhaité) aux heures où il doit prendre son traitement.  (Je précise que je n’ai jamais commandé sur ce site, si vous le connaissez, n’hésitez pas à laisser un commentaire pour le conseiller ou non aux autres lecteurs).

 

Si votre proche ne peut vraiment pas gérer son traitement :

Parfois, même avec des objets et des habitudes, la personne en perte d’autonomie ne sait plus gérer son traitement. Elle oublie des prises ou pire, multiplie les prises. Dans ces cas-là, le médecin peut faire une prescription pour qu’une infirmière ou le SSIAD puisse venir au domicile pour donner le traitement.

Le passage de l’infirmier(e) vous libérera d’un poids conséquent. Le traitement de votre proche sera enfin géré correctement, et sans que vous ayez besoin de faire les piluliers et d’appeler 3 fois par jour pour un résultat parfois mitigé. 

Par ailleurs, le passage de l’infirmier(e) pourra également servir à vérifier plusieurs fois par jour que votre proche va bien. Il y a tellement de personne que l’on retrouve au sol au bout de nombreuses heures, voir au bout de plusieurs jours !

L’infirmièr(e), en fonction de la situation et des difficultés, peut également emporter les boîtes de médicaments, s’ils ne peuvent pas être cachés ou mis hors d’atteinte pour votre parent dans son logement, et si celui-ci a tendance à prendre des médicaments de manière inadaptée. Demandez à votre médecin de le noter sur la prescription. 

Par ailleurs, n’hésitez pas à communiquer avec le professionnel qui viendra chez votre proche. S’il ne sait pas que votre parent fait semblant de prendre ses médicaments, il ne sera peut-être pas aussi attentif à la bonne prise du traitement. S’il sait que la personne fait semblant de les avaler pour ensuite aller rejeter le médicament dans les plantes, le professionnel vérifiera que le médicament a bien été avalé. Donc si vous retrouvez des médicaments cachés, signalez-le !

 

Attention : en France, tout le monde ne peut pas préparer le pilulier de votre proche.C’est une tâche réservé à l’aidant ou un un(e) infirmier(e). Ainsi, si vous faites passer une aide de vie ou un(e) aide-soignant(e) pour des actes de la vie quotidienne, ils ne pourront pas faire le pilulier et distribuer le traitement. Peut-être voudront-ils bien regarder si le pilulier a été vidé pour ce jour et vous informer si ce n’est pas le cas, mais ils n’assureront pas la prise de médicament. En effet, leur responsabilité pourrait être engagée en cas de dispensation du mauvais traitement. 

 

Pour conclure : ne tolérons pas que nos proches ne prennent leur traitement qu’une fois sur deux ! Si ces traitements sont prescrits, c’est qu’ils sont nécessaires et à prendre selon un certain dosage (ni trop peu, ni trop). J’espère que vous trouverez dans ces trois idées, la solution idéale pour votre proche.

Et vous ?

Votre proche accepte-t-il facilement de prendre ses médicaments ?

Laquelle de ces trois solutions utilisez-vous pour qu’il n’oublie plus son traitement ?

 

A propos de l'auteur Amélie Wallyn

Ergothérapeute et co-auteur de la méthode MALO, je partage mes conseils et outils pour vous aider à maintenir votre proche à domicile le plus longtemps possible !

Ne partez pas sans nous laisser un petit commentaire :)

  • Bonjour et merci pour votre article .
    Mon papa à un Parkinson, il a 80 ans, un « poil » sourd …
    il doit prendre de la dopamine a heure reguliere …
    il ne comprend rien aux nouvelles technologies …
    mais je pourrais faire relais …
    sans parler de smartphone, croyez vous qu’une smartwatch puisse de façon autonome proposer 6 ou 8 alarmes vibrantes pour qu’il se rappelle du moment ?
    merci encore
    cordialement
    BrunoG

    • Bonjour, oui il est possible de programmer des rappels (ce que vous pourriez faire pour lui). Attention au côté vibrant, avec l’âge, on y est moins sensible et il pourrait ne pas les percevoir si les vibrations sont trop légères.

  • Bonjour et merci pour cet article particulièrement clair !
    Je suis aidante de ma mère qui souffre de démence vasculaire. J’habite chez elle (Paris) mais je travaille en journée. Parmi les médicaments qu’elle doit prendre, elle doit impérativement faire les trois-huit avec l’un d’entre eux (névralgie du trijumeau). Je lui donne le premier à 8h tous les jours, le dernier à 0h. Même en décalant les prises, il y en a forcément une où je suis absente, c’est un vrai casse-tête. Le deuxième doit donc être pris sans moi à 16h. Au début elle y pensait seule car elle savait encore lire l’heure. Depuis trois ans, ça se complique car elle ne sait plus lire, comprend de moins en moins les mots et est totalement désorientée. Je suis obligée de l’appeler de mon travail chaque jour. Malheureusement, deux fois sur trois, elle raccroche et passe à autre chose. C’est en rentrant le soir que je m’aperçois qu’elle ne l’a pas touché. C’est décourageant, épuisant, on appellera ça comme on veut mais c’est intenable pour moi.
    J’ai testé une alarme à 16h un WE (pour être là), le premier jour elle a compris – avec mon aide – ce qu’elle devait faire, mais le lendemain elle n’a pas relié cognitivement l’alarme avec le geste et a commencé à paniquer. Exit, donc l’idée d’un pilulier alarme… qui sonnerait, certes, mais qui la perdrait encore plus.
    J’ai contacté des infirmières libérales, qui ne se déplacent pas simplement pour ça et peuvent encore moins me garantir un passage à heure fixe.
    Le MT ne m’oriente pas davantage vers un SSIAD, celui de notre secteur est débordé et il serait préférable que ma mère sache ouvrir à l’interphone car ils ne veulent pas des clefs de la personne (impossibilité de mettre une boîte à clefs dans l’immeuble, refus du syndic et fortes réticences de l’assureur).
    Je ne peux pas ajouter d’heures d’auxiliaires de vie faute de moyens, et la société m’a dit qu’elle ne permettait de toute façon pas à ses employées de faire ce genre d’acte.
    Reste l’EHPAD. Incroyable mais vrai, je n’ai plus que ce choix…

    • Bonjour,
      Ce que vous racontez est assez alarmant. Les conditions de travail des soignants n’incitent plus à pratiquer ces métiers et il y a donc clairement un manque de professionnels. Pourtant, vous êtes à Paris, pas dans une petite campagne isolée…
      L’EHPAD n’est pas une solution non plus car il faut parfois attendre plus de 6 mois pour qu’une place se libère… Puis dans votre contexte, ce serait dommage de faire déménager votre mère en EHPAD pour une simple question de traitement.

      Il est vrai qu’aucun professionnel autre que médecins et infirmiers ne donneront de médicaments, pour une question d’assurance et de responsabilité. Par contre, un voisin pourrait éventuellement le faire ?
      Vous pourriez demander à ce que votre mère bénéficie d’une aide à la toilette par l’infirmière pour que celle-ci accepte de se déplacer, mais elle ne ferait pas une toilette dans l’après-midi… et je ne vois pas comment décaler les prises pour que cela colle avec les horaires d’une toilette…

      Le médecin ne connait vraiment pas d’autre équivalent à ce traitement qui n’aurait pas besoin d’être pris si régulièrement ? Un autre traitement, une injection…
      Je suis désolée de ne pas trouver d’autre réponse à vous donner.

    • Bonjour,

      J’ai repensé à votre situation et en ai parlé avec Nalie Cailleretz, la co-auteur de la méthode MALO.
      Elle a eu une idée. Vous dites qu’elle oublie votre appel après avoir raccroché. Est-ce qu’il est possible de mettre son pilulier à côté du téléphone et de lui demander de le prendre pendant que vous êtes au téléphone avec elle ?
      Je ne connais pas la personnalité de votre maman donc je ne sais pas comment elle pourrait réagir, mais j’ai pensé que c’était une bonne idée à vous soumettre.

      Belle fin de journée à vous.

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